Amarrage par gros temps : préparer son bateau avant le coup de vent

Un coup de vent est annoncé et votre bateau est au port. La tentation est de se dire qu’il y est en sécurité, mais c’est précisément au ponton que se produisent une grande partie des avaries de tempête : amarres qui cassent, coques qui tapent, bateaux qui partent à la dérive dans le bassin. Bien préparer son amarrage par gros temps demande une heure de travail méthodique avant la dépression. Voici la checklist complète, à appliquer avant et pendant le coup de vent.
Amarrage par gros temps : la réponse en bref

Pour sécuriser un bateau au port avant une tempête, quatre actions priment : doubler les amarres sur des points d’ancrage différents, protéger les points de ragage et amortir avec des pare-battages supplémentaires, réduire la prise au vent en dégréant tout ce qui peut l’être, et surveiller régulièrement pendant l’épisode. Un amarrage par gros temps bien préparé tient là où un amarrage ordinaire lâche.
Doubler et répartir les amarres
C’est le cœur de la préparation. Une seule amarre par point, c’est une seule chance de tenir. Doublez chaque amarre et, surtout, répartissez-les sur des points d’ancrage différents du ponton et du bateau.
- Multipliez les amarres de différentes longueurs : si la plus courte lâche, la suivante, qui n’avait pas encore travaillé, prend le relais.
- Frappez sur des points forts du bateau : taquets solides, pied de mât, winch, guindeau, jamais sur un seul taquet déjà sollicité.
- Inspectez chaque point d’ancrage, sur le bateau comme sur le quai : pas de jeu, pas de corrosion, capables d’encaisser une forte traction.
- Privilégiez des aussières élastiques et en bon état, qui absorbent l’énergie des chocs plutôt que de la transmettre brutalement aux taquets.
Protéger contre le ragage et amortir les chocs
Pendant une tempête, une amarre qui frotte sur un taquet ou un chaumard pendant des heures finit par s’user et casser. C’est le ragage, et c’est une cause majeure de rupture par gros temps.
- Gainez les amarres aux points de frottement (taquets, chaumards, organeaux) avec une gaine caoutchouc, du cuir ou un bout de tuyau fendu.
- Ajoutez des pare-battages en nombre et en bon état, positionnés à la bonne hauteur pour amortir les chocs contre le ponton ou les voisins.
- Installez des amortisseurs d’amarre, en caoutchouc ou à ressort, pour améliorer l’élasticité de l’ensemble et réduire les à-coups.
Réduire la prise au vent
Moins votre bateau offre de surface au vent, moins ses amarres souffrent. Avant le coup de vent, dégréez tout ce qui peut l’être :
- Affalez ou enroulez les voiles, et retirez le génois sur enrouleur s’il risque de se dérouler tout seul.
- Démontez ou rabattez antennes, girouettes et instruments de mât exposés.
- Retirez le bimini, la capote et le taud, qui font office de voile et finissent souvent déchirés.
- Fixez ou rentrez tout objet libre sur le pont, susceptible de s’envoler et de causer des dégâts.
Surveiller pendant l’épisode
La préparation ne suffit pas : votre dispositif se surveille pendant tout l’épisode. Si vous le pouvez en sécurité, venez vérifier régulièrement que les amarres tiennent, qu’aucune ne rague dangereusement, et que les pare-battages sont toujours en place. En zone de marée, le niveau d’eau change la tension des amarres pendant la tempête : surveillez ce point en priorité.
Une question revient souvent : faut-il rester à bord ? Par très mauvais temps, la réponse dépend des conditions et de votre sécurité. Un bateau bien préparé n’a en principe pas besoin d’intervention, et votre sécurité personnelle prime toujours sur celle du matériel.
Questions fréquentes
Faut-il doubler toutes les amarres par gros temps ?
Oui. Doublez chaque amarre et utilisez des longueurs différentes sur des points d’ancrage distincts. Ainsi, si une amarre lâche, une autre prend immédiatement le relais sans à-coup.
Comment éviter que les amarres ne cassent par ragage ?
Gainez les amarres à tous les points de frottement (taquets, chaumards) avec une gaine caoutchouc ou un tuyau fendu, et utilisez des aussières élastiques en bon état pour absorber les chocs.
Faut-il rester à bord pendant la tempête ?
Pas nécessairement. Un bateau correctement préparé tient seul. Votre sécurité personnelle passe avant tout : ne montez pas à bord ou ne restez pas sur les pontons si les conditions sont dangereuses.
Aller plus loin
Sécuriser son bateau par gros temps complète les bons réflexes de l’escale. Pour le déroulé d’une arrivée au port, consultez notre guide de la première arrivée au port en bateau. Et pour repérer un port d’abri sur une façade exposée, parcourez nos fiches de ports de Bretagne Sud, de ports de Nouvelle-Aquitaine ou de ports de Bretagne Nord.










